Accompagner un couple de femmes en parcours PMA ne consiste pas simplement à remplacer « papa » par « deuxième maman » sur un formulaire.
Le parcours comporte des réalités médicales, administratives, émotionnelles et familiales spécifiques que les professionnel·les de santé et de la périnatalité ont tout intérêt à connaître.
Depuis 2021, l’AMP est accessible en France aux couples composés de deux femmes et aux femmes non mariées.
Et la demande est loin d’être anecdotique : fin 2024, parmi les femmes en attente d’une AMP avec don de spermatozoïdes, 38 % étaient des femmes en couple avec une femme.
Comprendre nos parcours PMA
En France, un couple de femmes peut notamment avoir recours à une insémination avec sperme de donneur ou, selon la situation médicale, à une FIV avec don.
En revanche, la ROPA ( lorsqu’une femme fournit ses ovocytes et que l’autre porte la grossesse ) n’est actuellement pas autorisée en France. Elle sera discutée lors de la prochaine révision de la loi Bioéthique, affaire à suivre …
Certaines familles choisissent donc de réaliser tout ou partie de leur parcours à l’étranger en fonction des techniques souhaitées ou de l’anonymat du donneur.
Pour une sage-femme, une doula, un·e médecin, un·e kiné, un·e ostéopathe ou un·e thérapeute, connaître ces différences permet déjà d’éviter beaucoup de suppositions.
Reconnaître la place des deux membres du couple
L’une des erreurs les plus fréquentes consiste à concentrer l’ensemble des questions sur la personne qui porte la grossesse.
Pourtant, il y a bien deux personnes engagées dans le projet parental.
Quelques réflexes simples changent énormément de choses :
- demander comment chacune souhaite être appelée ;
- s’adresser aux deux membres du couple ;
- ne pas parler de « père » mais de « donneur » ;
- arrêter de supposer que la plus féminine est celle qui va porter l’enfant ;
- ne pas réduire la mère qui ne porte pas l’enfant à une simple accompagnante ;
- adapter ses formulaires et documents.
La reconnaissance conjointe anticipée (acte notarié) fait par ailleurs partie des démarches spécifiques aux couples de femmes ayant recours à une AMP avec don. Il est primordial de connaître ce document et d’en parler en rendez-vous.
Éviter les questions qui n’ont rien de médical
« Qui est la vraie mère ? »
« Vous avez choisi laquelle allait porter ? »
« Et vous n’auriez pas préféré que l’enfant ait un papa ? »
Curiosité personnelle et pertinence professionnelle ne sont pas toujours les meilleures copines.
Avant une question, un bon réflexe consiste à se demander : ai-je réellement besoin de cette information pour accompagner cette famille ?
Se former plutôt que compter uniquement sur sa bonne volonté
On peut être profondément bienveillant·e et malgré tout manquer de connaissances sur les parcours LGBTQIA+.
Mieux accompagner ne demande pas de tout savoir. Cela demande surtout de connaître les réalités de nos familles, de questionner ses automatismes et d’avoir les bons outils pour ne pas leur faire porter la charge de nous former pendant les consultations.
C’est précisément pour cela que j’ai créé, au sein de Les Babillages Formations, la formation Accompagner les familles LGBTQIA+.
Elle permet aux professionnel·les de comprendre le vocabulaire, les différentes configurations familiales, les parcours PMA, le don de gamètes, la filiation, mais aussi de questionner leur posture professionnelle et leurs pratiques.
